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 LE PETIT TRAIN D'ARTOUSTE

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Petit Pioc

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MessageSujet: LE PETIT TRAIN D'ARTOUSTE   19.02.07 11:26

Eté 2006, une rencontre Franco/Belge/Québécoise a eu lieu dans le Sud-Ouest de la France. De nombreuses visites ont été organisées pour faire découvrir cette région... Je débuterai avec le "Petit d'Artouste", un site que notre ami Gus a particulièrement aimé. Un lieu où il a pu retrouver sa mère, à son grand bonheur...

Voici la preuve....



Il a même trouvé le télésiège menant au refuge de sa famille....

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Petit Pioc

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MessageSujet: Re: LE PETIT TRAIN D'ARTOUSTE   20.02.07 10:07

Il était une fois... LE PETIT TRAIN D'ARTOUSTE


PP va vous conter l'histoire de ce petit train...

PRESENTATION


A la fin du XIX siècle, la France partage son réseau ferrovière entre cinq grandes compagnies : Est, Nord, Paris-Orléans et Midi.

L'électrification des lignes de chemins de fer représente alors de nombreux avantages. Gain de temps, main-d'oeuvre moins importante, et indépendance vis-à-vis des fluctuations constantes du prix du charbon, permettent une meilleure rentabilité.

La Compagnie du Midi, créée par les frères Pereires en 1852, se lance très rapridement dans cette modernisation. Afin de produire l'énergie nécessaire, elle s'oriente vers la houille blanche des Pyrénées et commence à mettre en place un réseau de centrales hydroélectriques tout au long de la chaîne des Pyrénées.

Dans le même temps, dans une région du Sud-Ouest appelée Vallée d'Ossau, tout près de la frontière espagnole, la commune de Laruns prend conscience de ses richesses naturelles, et, afin de développer son économie, met en vente son eau.

Ainsi naquit le projet d'aménagement de la Vallée d'Ossau, qui représentait le plus puissant groupe de centrales construit jusqu'alors dans les Pyrénées, entraînant avec lui de nouvelles perspectives économiques.

Le petit train d'Artouste, utilisé comme moyen de transport des ouvriers et du matériel de construction, est aujourd'hui l'un des sites touristiques les plus fréquentés du Sud-Ouest. Grâce à son courage et à sa volonté, l'Homme a fait de ce lieu merveilleux et inaccessible, une promenade pittoresque ouverte à tous les amoureux de la montagne en préservant sa beauté par le respect de son spectacle.



Pour arriver à la petite gare, nous y accédons avec les oeufs du Lac de Fabrèges.
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Petit Pioc

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MessageSujet: Re: LE PETIT TRAIN D'ARTOUSTE   21.02.07 20:57

PREMIERE EPOQUE : de 1920 à 1929

Les grands travaux :

E, apprenant que la commune de Laruns désire exploiter son eau, la Compagnie du Midi s'intéresse au lac d'Artouste situé à 2000 mètres d'altitude.

Afin d'exploiter les quatorze millions de mètres cube du lac glaciaire, elle étudie l'aménagement de trois usines hydroélectriques construites en cascade entre la frontière espagnole et les gorges du Hourat :

- la première usine serait édifiée au pied du pic de Sagette,
- la seconde à Miégebat,
- et enfin la troisième à Laruns.

Les eaux seraient acheminées par des galeries dans les trois centrales.
En chemin, elles recueilleraient sur leur passage les eaux des ruisseaux voisins.

En échange des terrains appartenant à la commune de Laruns, la Compagnie du Midi s'engage à fournir l'éclairage public et privé de la ville et à lui céder une quantité d'énergie qu'elle revendra pour son compte.
De plus la Cie du Midi est contrainte de prendre en charge l'étude et la réalisation d'un tramway entre Laruns et Gabas afin de desservir les stations thermales des Eaux-Chaudes et des Eaux-Bonnes (la réalisation de ce dernier ne se fera jamais).

Les chantiers commencent à s'installer sur les sites des futures centrales à partir de 1920. A Laruns, un parc à matériel et un laboratoire d'essai pour la fabrication du béton sont aménagés. A Miègebat, une petite centrale provisoire est installée pour subvenir à l'alimentation électrique des chantiers.

Le lac d'Artouste, situé au fond de la vallée de Soussouéou, est alors bien difficile d'accès. Afin de pouvoir exp^loiter son eau, il est prévu l'aménagement d'une galerie souterraine entre le seuil du lac et le pic de Sagette. Pour mener à bien ce projet, les premiers travaux sont effectués en partant de la route du Pourtalet, entre Gabas et la frontière espagnole. Un chemin est tracé jusqu'au pic de Sagette sur un dénivelé de 800 mètres. Au-dessus, deux câbles transporteurs sont tirés afin d'acheminer le matériel à la station supérieure. Tandis que les premières conduites forcées sont mises en place entre le départ et l'arrivée de ces câbles, des plates-formes sont construites pour recevoir la future usine en bordure de route.

A partir du pic de Sagette un sentier de service est aménagé pour procéder à la perforation de la galerie qui doit atteindre le lac glaciaire.
Il emprunte un tunnel de 318 mètres de long afin de parcourir les 9,5 kilomètres qui le séparent du futur barrage d'Artouste.



Station supérieure des câbles transporteurs (les oeufs)
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Petit Pioc

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MessageSujet: Re: LE PETIT TRAIN D'ARTOUSTE   22.02.07 18:49

1920 - 1929 suite



En 1921, le sentier commence a être équipé d'une voie de 50 centimètres d'écartement mais il faut attendre 1924 pour que les travaux soient complètement posés. Cette voie ferrée, située le long de la galerie souterraine, sert au transport du matériel nécessaire à la construction du barrage.

Des accès, appelés "fenêtres", sont creusés entre la galerie souterraine et le flanc de la montagne. Ils dervent à la ventilation des travaux et à l'évacuation des matériaux. Certains d'entre eux sont encore visibles aujourd'hui.

En 1924, les fouilles du barrage commencent. Il est prévu d'approfondir le lac de 49,50 mètres. Il faudra cinq années pour que le barrage soit édifié ( les travaux en haute altitude n'ont lieu que durant les périodes d'été à cause de l'enneigement). Un déversoir de 59 mètres de long est ajouté pour l'évacuation des crues du lac.

En 1926, une maison destinée au logement du personnel et en particulier des gardes vannes est bâtie à proximité.

Ces deux constructions seront les seules traces visibles de l'incroyable chantier d'Artouste. Aujourd'ui cette construction est une halte pour se restaurer...

En 1929, l'usine d'Artouste est mise en service.

Un an plus tard, un premier téléphérique commence a être monté sur les câbles reliant la vallée du Brousset au pic de Sagette. Il est muni d'une cabine pouvant accueillir quinze personnes et se déplace à la vitesse de quatre mètres par seconde. Il facilite ainsi le transport des hommes et du matériel.


Sentier de ravitaillement




Le barrage d'Artouste "été 2006"
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Petit Pioc

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MessageSujet: Re: LE PETIT TRAIN D'ARTOUSTE   24.02.07 18:12

LA VIE SUR LES CHANTIERS


La réalisation des travaux est confiée à al Sté des Grandes Entreprises Méridionales, spécialisée dans les chantiers montagnards.

La main-d'oeuvre nécessaire aux travaux est difficile à trouver dans cette zone du Béarn à vocation agricole et pastorale. Le recrutement est donc étendu aux départements voisins mais aussi au-delà des frontières.

Ainsi, de nombreux étrangers viennent s'établir dans le Haut d'Ossau. La plupart d'entre eux sont originaires d'Espagne, d'Italie ou du Portugal. Au total plus de vingt nationalités sont présentens sur les trois chantiers au début des années 1920. Malgré la rudesse des travaux effectués dans des conditions difficiles et pour des salaires modestes, plus de deux mille ouvriers participent à la réalisation du projet de la Vallée d'Ossau.

Les journées de travail durent dix heures (loin des 35 h...), et ce 27 jours par mois. Le salaire varie selon le poste et le statut occupé (à la journée ou au mois). Des primes de rendement et des indemnités "montagne" sont versées à chacun lors des chantiers en altitude.

Beaucoup d'entre eux sont accompagnés de leurs familles. Ces arrivées massives vont quelque peu changer la vie paisible des habitants de la communauté Ossaloise. Partout, des barraquements, de maisons ouvrières et des hôtels sont construits. Les autochtones se lancent alors dans de n ouvelles affaires telles que location d'hébergement et la vente de biens immobiliers à la Sté des G. E. M.

Sur les chantiers, des cantines sont installées afin de pourvoir aux repas (le prix du logement et de la nourriture est retenu sur le salaire).

Des petits magasins sont ouverts pour pallier les besoins des familles du personnel (il s'ensuit une concurrence avec les commerçants locaux).

Pendant toute la durée des travaux d'aménagement hydroélectrique, le Haut d'Ossau voit sa population augmenter. Deux nouvelles écoles sont ouvertes à Gabas et à laruns. Un cercle privé est fondé pour favoriser les loisirs du personnel de la St des G. E. M.

Paradoxalement- à cet engouement pour le développement d'activités, les conditions de vie restent extrêmment précaires sur les chantiers. Les services médicaux de l'époque dénoncent de nombreux problèmes de salubrité. Plusieurs cas d'épidémie se déclarent tandis que la tuberculose et la pneumonie sont en plein essor. Il faut attendre 1924 pour que les chantiers de Miègebat et du Hourat bénéficient de bains-douches.

De nombreux accidents plus ou moins graves sont à déplorer lors des travaux. A l'origine des plus meurtriers : les avalanches et les manutentions d'explosifs.



Barraquement d'ouvriers sur le site d'Artouste
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MessageSujet: Re: LE PETIT TRAIN D'ARTOUSTE   27.02.07 21:57

LA GREVE DE 1924


Cette année-là, le 25 Juillet, La Sté des Grandes Entreprises Méridionales doit faire face à une grève du personnel qui va durer plusieurs semaines.

Les chantiers d'Artouste et de Miègebat sont désertés par les travailleurs en colère qui réclament une hausse des salaire, la journée de huit heures et de meilleures conditions de travail. Près de 700 personnes participent au mouvement.

Le 8 Août a lieu une manifestation dans les rues de Laruns au son des slogans revendicatifs tels que "Vive la révolution internationale de l'hygiène", "morts aux poux", "tous pour la journée de 8 heures"... !!!

Pour résoudre le problème, la Sté des G E. M. commence par fermer ses cantines de ravitaillement, puis expulse les familles des frévistes des baraquements où elles étaient logées.

Finalement, le 11 août, le personnel obtient la garantie d'une prochaine construction de baraquements supplémentaires et le travail reprend. Les salaires et les horaires de travail restent inchangés.

Extrait du Journal "Le Patriote" du 6 Août 1924

Depuis quelques semaines, une agitation régnait parmi les ouvriers de l'Entreprise, du fait que de nombreux ouvriers étaient embauchés trop facilement. On voyait à chaque instant de nouvelles têtes inconnues et étrangères.
A la moindre observation, le congé était donné, des remplaçantsattendant à la porte des chantiers. Puis des accidents sans nombre souvent mortels se produisaient, venant encore jeter "le cafard" parmi ces pauvres gens qui accomplissaient un travail des plus pénibles, travaillant dans des souterrains à la lumière électriquen quelquefois même dans l'eau jusqu'à la poitrine.

Ajoutons que pour remonter leur moral, ils n'ons que des cantines nauséabondes, des baraquements où l'hygiène laisse à désirer, et... où circulent "l'Humanité" et "Le Libertaire".

Les meneurs n'eurent donc aucune peine à rassembler tous ces éprouvés et a en faire des mécontents.

Le jour du 14 Juillet, un Syndicat fut constitué avec bureau et organisation cégétiste.

Un jour, vers le 30 Juillet, un cahier de revendications fut envoyé à la Direction. Les ouvriers réclamaient : l'application de la loi de 8 heures (au lieu de 10), porter l'indemnité de 2 francs à 3 francsl'heure, l'amélioration de l'habitation, du couchage, etc...

Huit jours se passèrent et la Direction n'avait pas répondu. Quelques exaltés cessèrent alors le travail sans consulter le Syndicat récemment constitué. Ils parcoururent les chantiers, débauchant les ouvriers les uns après les autres et l'on vit certain jour une colonne de 900 hommes partir de Laruns à pied jusqu'à Gabas, et la troupe augmentait à chaque tournant ; chaque jour apportait son lot de grévistes, forcés ou volontaires.

La Direction, diront les grévistes devant les revendications et les menaces est restée sourde. Elle ne répondait pas.

Mr le Préfet a délégué à Laruns un commissaire spécial, Mr le sous-Préfet d'Oloron est allé sur les lieux se rendre compte et faire la conciliation. Peine perdue.

Soutenus par la C.G.T., les grévistes veulent "tenir". Des réunions les rassemblent chaque matin et chaque soir : des orateurs les encouragent.
On a cru un moment que le découragement allait les gagner. On constata en effet, un certain jour, une reprise sensible du travail, mais le lendemain les chômeurs étaient plus nombreux que jamais.

Jusqu'ici le calme règne. Les ouvriers espagnols, italiens et français (la minorité) fraternisent et sont solidaires. Quel sera le dénouement ?

En tout cas, cette grève compromet les travaux que les mauvais jours de l'hiver viendront encore retarder.
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